Rapport de mission préparatoire 2019

Les Mains du Cœur pour le Cambodge

Rapport de mission préparatoire

14 au 30 janvier 2019

Participantes

Edith Callait

Lyna Trinh

Et notre interprète Do Vireak, professeur de français au lycée de Battambang

 

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier les personnes privées et les organisations et entreprises qui ont avec leur cœur généreusement contribué à notre projet.

BECKER

Mathilde

MOINE

Nadine

BERTHONNIER

Eric

MORGAT PETIT

Marie-José

BLACHERE

Eliane

P

Jc

BONNINGUE

Marielle

PAUL

Chantal

BURBAND

Mani

PONCELET

Claire

CALLAIT

CALLAIT Edith

Hervé

PRADER

Gaudenz

CALLAIT

Jeannine

SCHUHLER_PRAS

MONIQUE

CATC

Alumni

SOUKHARITH

Michel

CHABRY

Germaine

TRINH

Lyna

CHAMPAVERT

Henri

TRINH BO

Lany

CHRISTOPHE

Jonathan

VASSELON

Alain

CURVAT

Jean-Marc

MEYRAND

Patricia

DAILLOUX

Marie-Claire

DEYDIER

Laurette

FAVAUGE

jean-guillaume

FEBURU

Yvan

GENEVOIS

Jacques

GORAND

Cécile

HEDON

Cathy

HEINTZ

Jean Robert

JUST

Nadine

LABEYE Margaux

LABEYE

Lucie

LONGIN

Claudine

MAGNOLON

Laetitia

MAIGRET

Brigide

MELET

Nelly

Merci à Solidarité Sistercienne qui a validé et soutenu notre 1ère mission

 

Le matériel de soin nous a été donné par

Le laboratoire PLANETA VERD, et sa responsable Jade Thomassin

L’association Les Mains du Cœur pour le Cambodge est basée à

Poule les Echarmeaux

85 rue Centrale

Enregistrée à Villefranche sur Saône sous le n° W6920006780

Enfin merci à celles et ceux qui croient que même une petite goutte d’eau peut faire germer une graine

 

Rappel des objectifs de la mission préparatoire

Préalable

La mise en place d’une mission humanitaire dans le domaine de la Santé nécessite la validation et l’obtention d’une accréditation des autorités gouvernementales, le Ministère des Affaires Étrangères et du ministère de tutelle concerné, à savoir le Ministère de la Santé et des Affaires sociales.

Au Cambodge, toute Organisation Non Gouvernementale (ONG) doit être enregistrée. La procédure peut être longue, certaines ONG ont mis 2 ou 3 ans. Un contrat de 3 ans renouvelable est signé avec l’État, qui prévoit les actions et moyens d’action sur les 3 années ainsi qu’un plan de financement.

Pour être enregistrée, l’association doit avoir une adresse, et un compte bancaire ouvert au Cambodge.

 

  1. Les objectifs de la mission

Préparer c’est avant tout nous assurer que notre projet soit accueilli et validé par les autorités gouvernementales et locales.

C’est aussi savoir quels seront les partenaires cambodgiens ou non cambodgiens avec lesquels nous collaborerons.

C’est enfin et surtout vérifier que notre approche et nos techniques de soin soient acceptées par la population, que nous soyons en mesure d’apporter des réponses aux besoins thérapeutiques des populations concernées.

 

  1. Rencontres au niveau gouvernemental

  1. Le Ministère des Affaires Étrangères

Mme Op Sopheap : directrice du département international des ONG présentes au Cambodge.

  • Procédure à suivre pour l’enregistrement et formalités diverses

  • Contacts au ministère de la Santé et formalités diverses

  1. Le CCC Comité de coordination des ONG cambodgiennes

M Chen Sochoeun Directeur de la Recherche et du développement durable

M Khorn Bunthong : chef de projet

Le CCC est un organisme important au Cambodge, tant au niveau du réseau que des informations sur les acteurs du terrain.

Le projet a été accueilli avec enthousiasme, beaucoup de questions ont été posées, notamment concernant les passerelles envisageables avec la médecine traditionnelle khmère, la pharmacopée, les derniers « Kru », médecins traditionnels cambodgiens.

 

  1. Les ONG

1 Douleurs Sans Frontières

Florence Chatot Responsable pays

Dr Camille Desforges : médecin coordinateur

DSF a mis en place les soins palliatifs au Cambodge depuis des années. Ils interviennent principalement chez les patients, et disposent de quelques chambres dans leurs locaux.

Les voies possibles de collaboration évoquées sont une action de formation de leur personnel soignant aux techniques de soulagement de la douleur et d’apaisement psychique afin d’accompagner les patients. Un soutien aux aidants qui s(occupent de tous les soins de première nécessité (hygiène, nursing, alimentation) pourrait être aussi une piste de partenariat.

  1. Cambodia HIV ,

Mme Kolnary , directrice

Cette Association agit principalement par des campagnes d’information et de sensibilisation sur les maladies infectieuses.

N’intervenant pas directement en soin, il nous parait difficile de trouver un axe de coopération pratique avec elle.

  1. Foyer Lataste ;

Anaïs Gallo responsable administrative et juridique

M Suo Malai, responsable du centre de Sisophon

Cette Association gère un centre d’accueil pour enfants, et offre un panel d’activités éducatives, sous forme d’internat ou d’externat à Sisophon.

Un contact en amont très intéressant avec Anais, responsable administratif et juridique de l’association autour de la création d’un pôle Santé, pour agir dans les villages environnants.

Les enfants du centre sont suivis par un médecin qui vient de Phnom Penh, et un contrat avec une clinique privée assure une prise en charge des problèmes médicaux.

Dans l’immédiat, une collaboration effective nous parait prématurée.

  1. Mme Sin Sothicun médecin ostéopathe dirige des missions de santé dans divers lieux du Cambodge, pour le compte de Mission Humanitaire, ONG très active et multi pays.

Contact très riche et très prometteur avec Sotikhun, convaincue de l’intérêt présenté par nos techniques de soin. Elle souhaiterait que nous les lui apprenions et enrichir sa pratique terrain.

Le même esprit et éthique animent les missions mobiles de

Docostéocam, qui ont les mêmes populations cibles que notre association.

Les missions sont au nombre de 2 à 3 par an, dans diverses régions du Cambodge, composées de volontaires de diverses disciplines, y compris non médicales.

Nous restons en contact pour approfondir le mode de collaboration possible.

 

  1. Les autorités locales

1 Le directeur de l’hôpital de district de Moeung Russei

M Peov Sovanarin :

Réunion initiale : présentation du projet et de l’équipe. Nous obtenons l’autorisation de commencer les soins sans avoir finalisé les obligations administratives. M Peov souligne l’intérêt de mettre en place un programme de formation pour son personnel soignant.

Il mettra à disposition les salles nécessaires pour la formation théorique et pratique.

Réunion finale, avant notre départ : Nous avons obtenu une validation de notre action après qu’il ait interrogé les patients et le personnel du dispensaire de Talos que nous avions traité. Une lettre officielle nous remerciant et nous demandant d’intervenir dans son district et son hôpital nous a été remise.

Par ailleurs, nous avons été invités à organiser des tournées avec les médecins de l’hôpital de Moeung Russei, pour un partage d’expérience.

2 Le chef de la commune et les chefs des 9 villages rattachés

Lors de notre arrivée, une réunion des chefs de village nous a accueilli. Nous avons présenté les objectifs de notre mission,et fait un résumé de ce qu’était la médecine chinoise traditionnelle, et les techniques utilisées.

Nous avons reçu un accueil inconditionnel pour intervenir dans les villages. Quelques-uns d’entre eux sont d’ailleurs venu tester nos pratiques au dispensaire, ou ont envoyé leur épouse…

Il nous a été demandé s’il était possible de soutenir un projet d’extension du dispensaire. Nous avons promis d’en parler.

Nous obtenons aussi une lettre de soutien et de recommandation à la fin du séjour.

3 la responsable du dispensaire Mam Satha

Elle avait tout préparé pour nous recevoir au dispensaire : une salle, des lits…et l’information avait été relayée…

Mam Satha sera présente tout au long de notre séjour, attentive, et prévenante. Elle viendra elle aussi tester nos pratiques.

Elle part à la retraite dans un mois, et nous ne connaissons pas encore sa remplaçante, dont elle nous a assuré la collaboration bienveillante.

Un repas sera organisé le dernier jour de notre mission avec tout le personnel du dispensaire et les grands chefs de l’hôpital…

L’entrée du dispensaire



La phase pratique et le déroulement des soins

La population locale ayant été prévenue, une file de patients nous attendait déjà en fin de matinée du lundi.

Nous avions convenu de ne prendre que 10 patients par jour, sachant que le soin durait environ une heure. Le dernier jour nous avons traité non-stop 16 patients.

Une salle nous a été entièrement dédiée, avec 1 lit de soin et un lavabo.

  1. Prise de rendez-vous et inscriptions : les patients venaient au dispensaire s’inscrire.

Dans un premier temps le personnel du dispensaire, puis leur famille…puis le bouche à oreille et les témoignages de satisfaction ont amené les personnes plus éloignées à venir « tester » cette « drôle de médecine »

Le nombre de patients étant limité à 10, nous n’avons pas pu empêcher les frustrations, et seulement 4 patients ont pu bénéficier d’un second traitement durant la semaine.

Nous avions formé notre interprète au questionnement de base quant au motif de consultation. Ceci permettant de gagner du temps pendant que nous traitions un patient et de rendre le travail de notre assistant plus vivant et impliquant.

Sur 3.5 jours : 44 patients ont été reçus, dont 4 pour un 2nde séance.

23 femmes

21 hommes

Moyenne d’âge 50 à 55 ans

Inscription des patients

2) Prise en charge du patient :

Questionnaire de santé et diagnostic.

Les patients s’exprimaient avec facilité en décrivant leurs symptômes d’une façon assez précise et imagée, ce qui nous a souvent facilité la tâche et donné de précieux indices. Aucune question n’a semblé poser de problèmes lié à la pudeur.

  1. Pathologies rencontrées :

  • Douleurs articulaires multiples et chroniques liées aux travaux physiques : pour la plupart des douleurs présentes depuis des années.

  • Insomnies avec réveils fréquents ou difficultés à l’endormissement

  • Douleurs traumatiques liées à des chutes d’engin motorisés (principal mode transport au Cambodge)

  • Douleurs liées à des suites opératoires : ablation utérus, anesthésie…

  • Problèmes de mémoire, et de cauchemars, syndrome post traumatique

  • AVC

.4) Traitement

Le fonctionnement en binôme a permis une prise en charge globale et complète du patient : en pratiquant ensemble puncture, et massage tui na, ainsi que la moxibustion, nous avons aussi utilisé des techniques de mobilisation, notamment pour des douleurs d’épaule.

Durant le traitement des patientes, notre interprète restait derrière la porte, afin de préserver l’intimité et de respecter leur pudeur.

Nous pouvions penser que nous aurions à gérer une angoisse liée aux aiguilles : en fait la grande majorité des personnes, après une 1ère puncture ont exprimé leur étonnement de ne pas avoir mal. Elles s’attendaient à un ressenti similaire à celui de la prise de sang !

Nous leur avons expliqué comment elles pouvaient travailler avec nous par leur respiration, et si une certaine appréhension pouvait être présente en début de séance, elle avait tout à fait disparu au bout d’un moment. La plupart d’entre elles commentaient leur ressenti de traitement au fur et à mesure. Nous les sentions très participatives.

Nous leur demandions de graduer leur douleur sur une échelle de 0 à 10, avant séance, et après séance. (EVA, échelle visuelle analogique)

  • En moyenne, nous avions une baisse de 2 à 4 points en fin de séance.

A l’issue de la séance, nous entendions les commentaires et questions posées au patient sur le « alors, comment ça s’est passé ? », par les personnes extérieures

« Est-ce-que ça fait mal ? »

« Est-ce que tu n’as plus mal ? »

Les retours ont vraisemblablement été positifs : les personnes s’inscrivaient dans la foulée !

Douleurs genoux et douleurs lombaires : traitement par moxibustion sur aiguille

Massage Tui na douleurs cervicales

  1. En conclusion

Nous ne nous attendions pas à un accueil aussi chaleureux, et positif.

Tant de confiance spontanée était très touchant.

L’utilisation des diverses techniques de MTC n’a posé aucun problème, et aucun rejet. Même si parfois, sur des dispersions « vives » nous observions quelques « grimaces » de douleur …plus liées à l’appréhension qu’à un ressenti peut-être…Les patients ressortaient avec un sentiment de mieux être, testant les endroits de leurs « anciennes douleurs » avec vigueur, étonnés par le soulagement ressenti.

La population est submergée de prescriptions médicamenteuses, et une prise de conscience des méfaits, voire de l’inefficacité de ceux-ci commencent à voir le jour : Nos patients étaient pour la plupart sous traitement anti douleur, ou anti dépresseur… Notre approche leur parle, et une prise en charge longue et complète de leurs maux est une nouveauté pour eux.

Cette mission préparatoire, et exploratoire nous a convaincues de l’utilité et de l’acceptabilité de nos techniques de soins.

Si nos missions annuelles ou bisannuelles seront utiles et permettront un suivi et un accueil plus large, il reste cependant à permettre et à organiser un transfert de savoir- faire du personnel soignant local.

Des projets trottent déjà dans nos têtes sur des thèmes possibles

Formation des sages-femmes

Soulagement des douleurs

Protocoles des soins de base

Etc…